> Maison Antton> Histoire du Chocolat Basque (Bayonne, Espelette) - Antton

Il était une fois le chocolat au Pays Basque

La fabuleuse histoire gourmande du chocolat débuta il y a plus de 400 ans au Pays Basque. A Bayonne, puis dans les bourgs et villages, de nombreux artisans travaillaient alors cette si belle matière.

Antton, chocolatier à Espelette

A Espelette, tout près des ateliers d’Antton Chocolatier, Aitatxi (le grand père au Pays Basque) aime raconter aux enfants du village cette belle histoire du chocolat de Bayonne en commençant toujours par : « Mes enfants, connaissez-vous le point commun entre le jambon et le chocolat de Bayonne ?

Les enfants lui répondent alors : « Oui, Aitatxi, ils sont tous les deux de Bayonne ! »

Aitatxi : « Ahahaha…vous parlez sans réfléchir les enfants ! Avez-vous déjà vu des élevages de cochons et des arbres à cacao dans les rues de Bayonne ? Non, tous les deux viennent de l’intérieur du Pays, les cochons noirs de la vallée des Aldudes et les fèves de cacao de nos belles montagnes basques ! »

Les enfants : « Aitatxi, il n’y a pas d’arbres à cacao à Bayonne et à Espelette non plus ! »

Aitatxi : « Vous avez raison, l’histoire du chocolat basque n’est pas liée à la production des fèves mais à leur commerce. Vous savez que Bayonne est une ville importante, où l’on fait commerce de nombreuses denrées. Autrefois, c’était un grand port et un important comptoir de commerce anglais. Aujourd’hui encore, c’est une véritable vitrine des succulents produits de l’artisanat du Pays Basque intérieur.

Mais les hommes qui ont les premiers apporté les fèves de cacao, sont ceux dont personne n’ose parler en dehors de nos maisons : nos arrières, arrières, arrières grands-pères et leurs frères : les contrebandiers basques…mais c’est une longue histoire. »
Les enfants : « Aitatxi, Aitatxi, raconte nous cette histoire s’il te plait. S’il te plait ! »

Aitatxi : « D’accord, d’accord ! Puisque vous me le demandez, je vais vous conter la fabuleuse histoire du chocolat basque et des contrebandiers :

Il y a des milliers d’années le grand Quetzalcóatl, roi sacré d’un peuple d’Amérique Latine, offrit aux hommes le plus précieux des cadeaux : le cacaoyer l’arbre à cacao. La culture du cacao avait pour vertu de donner aux hommes force et richesse. On appelait alors la boisson au cacao : « la boisson des Dieux ».

Les conquistadors espagnols, à leur arrivée en Amérique, adoptèrent immédiatement cette boisson. Cortès, leur chef, à son retour en Espagne la fit découvrir au roi d’Espagne. Il en raffola aussitôt ! La couronne d’Espagne devint alors le seul pays en Europe où l’on put déguster le chocolat…le seul à l’exception du Pays Basque.

A l’époque, la contrebande était très courante au Pays Basque. Les juifs chassés d’Espagne et du Portugal par l’inquisition de la religion catholique furent alors guidés par nos grands- pères, les contrebandiers, à travers les montagnes pyrénéennes vers leur nouveau refuge : le Pays Basque nord, territoire du roi de France. A travers la frontière, les contrebandiers basques passèrent aussi les médecins juifs qui avaient dans leurs bagages des fèves de cacao. Rares et très précieuses, ils les utilisaient pour guérir et donner des forces à leurs patients.
Vous apprendrez mes enfants que les historiens préfèrent parler des rois et des reines plutôt que de nos grands-pères contrebandiers. Ils risquaient pourtant chaque jour leur vie et nombreux sont ceux qui ont péri sur ces chemins…


C’est donc ainsi que les premières fèves de cacao rentrèrent en France, par les frontières du Pays basque intérieur, tout près d’Espelette et de l’atelier d’Antton Chocolatier.
La contrebande de cacao prit fin lorsque le roi de France Louis XIV se maria avec l’infante d’EspagneMarie Thérèse, en 1660, à Donibane Lohitzun (Saint Jean de Luz en langue basque). Le roi soleil obtint alors de la couronne espagnole l’autorisation de faire venir les fèves de cacao en France.

Bayonne devint alors la ville où l’on recevait et transformait le cacao en chocolat. C’est là le début de l’histoire officielle que nous connaissons tous et qui fit de cette ville la capitale du chocolat en France… c’est en raison de cette histoire qu’il se dit à Espelette, dans les ateliers de chocolat Antton, que les premières fèves de cacao viennent de nos belles montagnes basques et qu’elles inspirent encore le Maître chocolatier dans ses nouvelles créations.